Environ 300 personnes se sont rassemblées, dans la bonne humeur, mais déterminés. Déterminés à faire entendre leurs voix d'usagers. Car il y avait là des chefs d'entreprise, des secrétaires, des chauffeurs de taxis... et mahorais et mzungus étaient unis dans un seul leitmotiv : le retrait du texte autorisant les hausses des prix des passages par barge du Service des Transports Maritimes. Le passage piéton à lui seul était passé de 0,75 ¤ à 1 ¤ au 1er novembre, pour atteindre 1,50 ¤ le 1er janvier 2010, et subir une hausse supplémentaire au mois de juillet suivant.
... Actu du 97.6
Jeudi 12 Novembre 2009 L'actualité mahoraise
STM : « Les prix reviennent à la situation initiale »
Jeudi matin, dès 4 heures, les habitants de Petite Terre se sentant pris en otage par les hausses effectives et annoncées des prix des traversées par barge, ont érigé un barrage sur le boulevard des Crabes, à hauteur de la plage du Faré.
Impossible de se rendre à l'aéroport de Mayotte, situé en Petite Terre, ou d'en revenir. Côté barge, Petite Terre était déserte. Côté manif, les élus se sont fait attendre 4 heures.
Environ 300 personnes se sont rassemblées, dans la bonne humeur, mais déterminés. Déterminés à faire entendre leurs voix d'usagers. Car il y avait là des chefs d'entreprise, des secrétaires, des chauffeurs de taxis... et mahorais et mzungus étaient unis dans un seul leitmotiv : le retrait du texte autorisant les hausses des prix des passages par barge du Service des Transports Maritimes. Le passage piéton à lui seul était passé de 0,75 ¤ à 1 ¤ au 1er novembre, pour atteindre 1,50 ¤ le 1er janvier 2010, et subir une hausse supplémentaire au mois de juillet suivant.
Devant le déséquilibre budgétaire de 72,4 millions du Conseil général, la Chambre Territoriale des Comptes avait préconisé notamment cette augmentation de tarif, sans la chiffrer.
Mais le doublement de certains tarifs a irrité les habitants de Petite Terre qui, se sentant pris en otage, avaient choisi de bloquer la circulation ce matin : « ça n'est pas à nous de combler le trou du Conseil général ! », « la population n'a pas été informée quand la décision de hausse de tarif a été prise ! », « le prix de passage des camions va doubler, voire tripler (de 75 ¤ à 150 ¤ pour les petits poids lourds ˂15T, de 100 ¤ à 200 ¤ pour les moyens, et de 122 ¤ à 300 ¤ pour les semi-remorques, ndlr). Ça va être répercuté sur les prix des marchandises en rayon des supermarchés ! »
Jean-Paul Normand, directeur de Cabinet du Préfet, négociait dès 7h30 un barrage filtrant pour éviter la paralysie de l'économie, et permettre le passage vers l'aéroport. Mais en milieu de matinée, les leaders sont remontés : « nous laissons passer les malades et le personnel médical, mais nous n'avons que deux mots à dire « retrait immédiat ».
Et il a fallu attendre 4 heures en plein soleil pour que des conseillers généraux veuillent bien faire le déplacement en l'absence du président Ahamed Attoumani Douchina, de retour de métropole dans l'après-midi. C'est donc sous les huées qu'Ahamada Madi Chanfi, Hadadi Andjilani 2ème et 3ème vice-président, Ibrahim Aboubacar, conseiller général de Sada, Zaïdou Tavanday, conseiller général de Mamoudzou 2 et Jean-Claude Louchet Directeur général des Services sont repartis, après avoir signalé qu'un retrait de délibération était du domaine du président du Conseil général.
C'est donc l'accueil qui attendait Ahamed Attoumani Douchina à sa descente d'avion. Après 2 heures de discussion avec les 4 conseillers, le DGS et une délégation de manifestants, la décision a été prise de retourner aux tarifs d'avant 1er novembre pour l'ensemble des prestations du STM. « Plusieurs réunions ultérieures sont prévues pour prendre des décisions sur la résorption du déficit » explique Daniel Zaïdani, le leader de l'association Oudaïlia Haqui za M'mahore, « nous sommes heureux que cette manifestation pacifique ait été comprise par tous, y compris par les forces de l'ordre ».
Vers 17 heures, le barrage est donc levé.
