"On demande le fric, et qu'on nous laisse magouiller en paix sinon on met l'île sens dessus dessous. Cette menace à peine voilée ça fait des lustres que les élus la resservent et que Paris baisse le pantalon. Il n'y a donc aucune raison pour que ça cesse et nos élus l'ont bien compris.
... Actu du 97.6
Mardi 2 Novembre 2009 L'actualité mahoraise
92,4 millions d'euros de déficit, le Conseil général sous tutelle
Alors que Mayotte est en plein processus de départementalisation, la Chambre départementale de Mayotte (CDM) accuse un déficit record de 92,4 millions d'euros et vient d'être placée sous tutelle par la Chambre territoriale des comptes (CTC).
C'est le quotidien diffusé uniquement sur Internet "Les Nouvelles de Mayotte" qui révèle l'information : La Chambre départementale de Mayotte (CDM), équivalent du Conseil général, a été mise sous tutelle par la Chambre territoriale des comptes (CTC). La cause : un déficit de 92,4 millions d'euros. Le préfet, Hubert Derache, est donc désormais le seul maître à bord et devra régler et rendre exécutoire le budget supplémentaire 2009.
La CTC avait pourtant déjà mis en garde Ahamed Attoumani Douchina, président du Conseil général de Mayotte, de manière explicite dans différents rapports. L'un d'entre eux, rendu le 10 novembre dernier, nos confrères des Nouvelles de Mayotte ont réussi à se le procurer. Voici un extrait révélateur de l'état d'agacement dans lequel sont les magistrats de la Chambre : "(...) l'avis de la chambre territoriales des comptes ne consiste pas en des recommandations parmi lesquelles la collectivité aurait le loisir de retenir celles qui lui conviennent, mais en des 'propositions' en vue d'un rétablissement de l'équilibre budgétaire qu'il lui appartient d'adopter en tout ou partie, de reformuler, de discuter ou de repousser, et ce dès réception par la collectivité de l'avis de la chambre".
Autant dire que la CTC montre les dents. Mayotte sera prochainement le 101ème département français et si les budgets devraient suivre, en métropole on devrait se montrer plus attentif quant à leur gestion. Comme le précise le journaliste des Nouvelles de Mayotte dans son article : "On demande le fric, et qu'on nous laisse magouiller en paix sinon on met l'île sens dessus dessous. Cette menace à peine voilée ça fait des lustres que les élus la resservent et que Paris baisse le pantalon. Il n'y a donc aucune raison pour que ça cesse et nos élus l'ont bien compris. Le problème, c'est que visiblement sur ce coup là, le gouvernement ne cèdera pas à ce chantage permanent. Le préfet reprenant les commandes, c'est lui qui taillera dans le vif, fera des coupes sombres dans l'armée mexicaine de la CDM et tant pis pour les dégâts, qui ne seront dus qu'au clientélisme des présidents successifs de la CDM depuis 2004."